Un exposant qui veut filmer son stand par drone croit souvent que l’autorisation du parc suffit. Ce n’est presque jamais le cas. Entre la réglementation de la catégorie ouverte, les zones classées autour des parcs d’exposition et l’obligation d’enregistrement du télépilote, un vol tourné un mois avant le salon peut être refusé la semaine du montage. Nous détaillions déjà filmer son stand par drone pour un salon dans les Hauts-de-France ; voici ce qui change quand on parle de réglementation, pas de prestataire.
Ce que dit la nouvelle réglementation drone en 2026
La catégorie dite « ouverte » reste le cadre pour la quasi-totalité des vols de drone en France, celle des exposants comme des télépilotes professionnels légers. Elle pose une règle simple, et c’est elle qui coince le plus souvent sur un salon : le survol d’un rassemblement de personnes est interdit, qu’il s’agisse d’une manifestation, d’un marché ou, par extension logique, d’un hall rempli de visiteurs.
Les drones de moins de 250 grammes bénéficient d’un allègement sur la distance de sécurité avec les personnes isolées. Mais cet allègement tombe dès qu’il y a foule. Un exposant qui filme son stand un mardi matin, hall encore calme, n’est pas dans la même situation qu’un vol tenté le jeudi après-midi au pic de fréquentation.
Pour moi, c’est là que la plupart des exposants se trompent : ils retiennent la règle du drone léger et oublient la règle du rassemblement, qui prime toujours.
Zones interdites autour des parcs d’exposition : ce qui a changé
Chaque parc d’exposition se vérifie sur le Géoportail, où les zones classées en rouge signalent une interdiction de survol. Ce n’est pas une formalité administrative abstraite : un parc proche d’un aéroport, d’une caserne ou d’un site sensible peut porter une restriction permanente, indépendante du salon lui-même.
La bonne pratique, et je la tiens pour non négociable, c’est de vérifier cette carte avant de réserver un télépilote, pas après. On évite ainsi de payer un prestataire pour un vol que la zone refuse d’emblée.
Qui doit déclarer son vol, et auprès de qui
Tout exploitant d’un drone équipé d’une caméra doit s’enregistrer sur le portail AlphaTango de la DGAC. C’est une obligation administrative distincte de l’autorisation de vol elle-même : l’une concerne l’exploitant, l’autre concerne le lieu et le moment précis du vol.
Un exposant qui sous-traite à un télépilote professionnel n’a, en principe, pas à porter cette démarche lui-même : c’est au prestataire de prouver son enregistrement et ses qualifications. S’il ne peut pas le montrer avant le jour J, ce n’est pas un détail administratif qu’on règle sur place.
Sous-traiter à un télépilote certifié ou le faire soi-même
Option A : filmer soi-même, avec un drone léger acheté pour l’occasion. Option B : passer par un télépilote certifié, qui connaît déjà les zones du parc et porte sa propre assurance.
S’il fallait n’en garder qu’une, je garderais l’option B sans hésiter. Un télépilote professionnel a déjà négocié avec l’organisateur du salon, il sait quelle fenêtre horaire évite le rassemblement, et surtout, c’est lui qui répond en cas de contrôle, pas l’exposant. Le coût supplémentaire se rentabilise dès la première interruption de vol évitée.
L’option A ne devient défendable que pour un vol très court, hors horaires d’ouverture au public, dans un hall vide. Le reste du temps, c’est un risque pris pour économiser quelques centaines d’euros.
L’erreur qui coûte le plus cher : filmer sans autorisation du site
La réglementation nationale n’est qu’une moitié du problème. L’organisateur du salon et le gestionnaire du parc d’exposition imposent presque toujours leurs propres règles de sécurité, qui peuvent être plus strictes que celles de la DGAC. Un vol parfaitement légal au regard de la réglementation générale peut rester interdit par le règlement intérieur du site.
C’est l’erreur que je vois revenir : l’exposant obtient l’accord du télépilote sur la partie réglementaire, et découvre sur place que l’organisateur refuse tout vol sans accréditation déposée en amont, parfois plusieurs semaines avant l’ouverture.
Nouvelle réglementation drone : recherche et volume
Le terme « nouvelle réglementation drone » est recherché 140 fois par mois en France (Haloscan). Un volume qui confirme une chose : la plupart des exposants cherchent la règle au moment où ils préparent leur salon, pas avant.

Checklist avant le jour J
Ce que je vérifierais, dans l’ordre : la zone du parc sur le Géoportail, l’enregistrement AlphaTango du télépilote si vous sous-traitez, l’accréditation demandée par l’organisateur du salon, et la fenêtre horaire choisie par rapport à l’affluence prévue.
Un dernier conseil, et c’est celui que je donnerais en premier si je ne pouvais en donner qu’un : demandez l’accréditation de vol à l’organisateur en même temps que votre réservation de stand, pas la semaine du montage. C’est souvent le document le plus long à obtenir, et celui qu’on oublie le plus.
Pour la sécurité générale de votre présence sur le salon, au-delà du seul vol de drone, notre point sur l’information sécurité expo complète utilement cette checklist. Et si le drone n’est qu’une pièce du puzzle logistique de votre participation, notre rubrique logistique événements couvre le reste.
Un drone de moins de 250 g échappe-t-il à toutes les règles ?
Non. Il échappe à la distance de sécurité avec une personne isolée, pas à l’interdiction de survoler un rassemblement. Sur un salon fréquenté, cette distinction change tout.
Faut-il prévenir l’organisateur même avec un télépilote certifié ?
Oui, systématiquement. La certification couvre la réglementation nationale, pas le règlement intérieur du parc d’exposition, qui reste la décision de l’organisateur.


