Vendredi, 18 heures. La moquette du stand est roulée, le kakémono est replié dans sa housse et la poche de votre veste déborde de cartes de visite. C’est maintenant que le salon commence à rapporter, ou qu’il ne rapporte rien. Pour l’exposant seul ou la petite équipe, la suite tient dans un téléphone : un devis envoyé avant que le prospect ait oublié votre stand, une facture électronique conforme à la réforme, une relance qui part sans vous. C’est ce que promet l’application FacturoPresto. J’ai lu sa page de présentation le 10 octobre 2026 avec une seule question en tête : est-ce qu’elle tient la semaine qui suit un salon ?
Le devis se joue sur le stand, pas trois semaines après
L’erreur classique, je la vois à chaque retour de salon. Les cartes finissent dans un tiroir, on se promet de « faire les devis lundi », puis le lundi arrive avec ses urgences. Trois semaines plus tard, le prospect ne se souvient plus de votre nom. Il se souvient du concurrent qui lui a écrit le soir même.
Je ne vous donnerai pas de pourcentage sur la vitesse à laquelle un contact refroidit. Ceux qui circulent sont rarement sourcés, et une moyenne ne dit rien de votre secteur. Mon avis tient en une phrase : le meilleur moment pour chiffrer, c’est quand le visiteur est encore devant vous.
FacturoPresto annonce un devis professionnel « en 30 secondes », saisi au clavier ou dicté. La dictée compte davantage qu’il n’y paraît. Sur un stand, entre deux visiteurs, personne ne tape une ligne de prestation avec son pouce. On la dit.

Le geste à faire avant le salon : préparer trois ou quatre devis types, avec vos prestations les plus demandées et le prix salon déjà inscrit. Sur place, vous ne changez que le nom du client et la quantité. Sans ce travail en amont, la promesse des 30 secondes ne tient pas.
De la poignée de main au devis accepté en ligne
Le parcours décrit par l’éditeur part d’un principe simple : on ne ressaisit jamais. Le client reçoit un lien. Il accepte d’un clic, et vous êtes prévenu. Le devis accepté devient une facture en un clic, sans repasser par un tableur.
C’est le point qui me décide. Chaque ressaisie est une occasion de se tromper de prix. Et la remise accordée sur le stand, celle qui a convaincu le visiteur, c’est justement elle qu’on oublie en recopiant le lundi matin. Un client qui reçoit une facture plus chère que le devis signé au salon ne revient pas au salon suivant.
Du contact sur le stand à la facture payée : les étapes
Sur le stand : devis créé en tapant ou en dictant (30 secondes annoncées)
Le visiteur accepte en ligne, par un lien, et vous êtes prévenu
Le devis devient facture en un clic, sans ressaisie
Envoi en facture électronique par une plateforme agréée, avec avis d’ouverture
Paiement par carte, en une ou plusieurs fois, et relance automatique en cas de retard
Facture marquée « payée » d’elle-même, export comptable et chiffre URSSAF du mois
Source : page de présentation FacturoPresto, lue le 10/10/2026. Factures conservées 10 ans, un mois gratuit puis prix libre, selon l’éditeur.
Ce que la réforme de la facture électronique change pour l’exposant
Le calendrier est fixé. Selon impots.gouv.fr, la généralisation de la facturation électronique entre entreprises est effective depuis le 1er septembre 2026. Depuis cette date, toute entreprise assujettie à la TVA doit être capable de recevoir une facture électronique. L’obligation d’émettre arrive en deux temps : septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, puis au plus tard le 1er septembre 2027 pour les PME, les TPE et les micro-entrepreneurs, d’après le calendrier publié par Cegid.
Pour un exposant indépendant, voici ce que ça veut dire concrètement. Le PDF envoyé par e-mail vit ses derniers mois. En septembre 2027, votre facture devra passer par une plateforme agréée par l’administration, l’ancien « PDP ». FacturoPresto indique justement envoyer ses factures « par une plateforme agréée, comme l’exige la réforme ».
Mon conseil, quel que soit l’outil : ne croyez pas l’éditeur sur parole. L’administration publie la liste des plateformes agréées sur impots.gouv.fr. Vérifiez que celle de votre logiciel y figure. Cinq minutes, une fois, avant de lui confier deux ans de factures.
Le saviez-vous ?
L’administration fiscale a ouvert une ligne d’information dédiée à la réforme, le 0806 807 807 (service gratuit, prix d’un appel). Elle publie aussi sur impots.gouv.fr un guide pratique, une FAQ et le calendrier de la réforme. Source : impots.gouv.fr, page « Je passe à la facturation électronique », consultée le 10/10/2026.
Relances et paiement par carte : ne pas laisser filer le chiffre du salon
Un devis signé n’est pas de l’argent encaissé. Entre les deux, il y a la relance, et c’est l’étape que les indépendants sautent le plus volontiers. Personne n’aime réclamer. Encore moins à un client rencontré la semaine dernière, avec qui on a bu un café sur le stand.
Trois fonctions de FacturoPresto répondent précisément à ça. D’abord, vous savez quand la facture a été ouverte : fini le « je ne l’ai pas reçue ». Ensuite, le client paie par carte depuis la facture, en une fois ou en plusieurs. Enfin, une relance automatique part s’il tarde, et la facture passe en « payée » toute seule, ce qui arrête les relances.
Le paiement en plusieurs fois, je le trouve sous-estimé pour les prestations vendues en salon. Un artisan qui chiffre une cuisine ou une terrasse sur son stand vend un montant qui fait hésiter. Le fractionnement lève l’hésitation sans toucher au prix. Je préfère ça à une remise supplémentaire.
Tickets de frais de stand et TVA : l’export prêt pour le comptable
Un salon, c’est aussi une pile de tickets : péage, nuit d’hôtel, impression des flyers, repas pris debout derrière le comptoir. Pour moi, c’est là que l’argent se perd le plus bêtement. Un ticket de caisse froissé au fond d’une sacoche ne se déduit jamais.

L’application propose de photographier chaque ticket, la TVA étant calculée à partir de la photo. Factures et justificatifs se rangent ensuite dans votre Google Drive. En fin de mois, l’export part chez le comptable, accompagné du chiffre à déclarer à l’URSSAF. Pour un micro-entrepreneur qui déclare chaque mois, ce dernier point évite un calcul fait de tête le soir de l’échéance.
Côté archives, l’éditeur annonce des factures conservées 10 ans. C’est la bonne durée. La fiche de Justice.fr sur les délais de conservation (mise à jour le 1er juillet 2024) rappelle que les pièces justificatives comptables, factures comprises, se gardent 10 ans à compter de la clôture de l’exercice. Le droit de contrôle fiscal porte, lui, sur 6 ans. Retenez le plus long des deux.
FacturoPresto ou un tableur : mon choix pour un exposant seul
Option A, le tableur et le PDF. Gratuit, connu, déjà installé. Mais chaque devis se ressaisit en facture, chaque relance s’écrit à la main, et surtout, à partir du 1er septembre 2027, une facture PDF envoyée par e-mail ne suffira plus pour une PME ou un micro-entrepreneur. Vous devrez changer d’outil de toute façon.
Option B, FacturoPresto. Le premier mois est gratuit, avec toutes les fonctions. Ensuite, le prix est libre : vous choisissez le montant, modifiable ou résiliable à tout moment — une politique rare dans le logiciel professionnel, où l’abonnement à tarif imposé reste la règle. Les données sont hébergées en Europe, selon l’éditeur. Tout se fait depuis le téléphone, y compris sur le stand.
S’il fallait n’en garder qu’une pour un exposant seul qui fait deux ou trois salons par an, je garderais l’option B. Pas pour le nombre de fonctions. Pour une seule raison : elle met le devis dans la main pendant que le visiteur est là, et elle relance à votre place ensuite. Une seule réserve, et elle compte. Si votre comptable vous a déjà équipé d’un logiciel relié à une plateforme agréée, regardez d’abord ce qu’il sait faire sur mobile. Deux outils de facturation, c’est un de trop.
Dernier conseil : installez l’application quinze jours avant le salon, pas la veille. Créez vos devis types, puis envoyez-vous un devis à vous-même, acceptez-le, transformez-le en facture. Le mois gratuit sert à ça. Le jour J, vous n’aurez plus rien à découvrir, seulement des devis à envoyer.
Questions fréquentes
Un micro-entrepreneur doit-il déjà émettre des factures électroniques ?
Pas encore pour l’émission : l’obligation s’applique au plus tard le 1er septembre 2027 aux PME, TPE et micro-entreprises. En revanche, depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir des factures électroniques.
Combien de temps garder les factures émises après un salon ?
Dix ans à compter de la clôture de l’exercice, au titre des pièces comptables (Code de commerce, rappelé par Justice.fr). Le délai de contrôle fiscal, lui, est de 6 ans.
Combien coûte FacturoPresto ?
Le premier mois est gratuit. Ensuite, l’abonnement est à prix libre : vous fixez le montant, modifiable ou résiliable à tout moment, selon la page de l’éditeur lue le 10/10/2026.
Comment vérifier qu’un logiciel de facturation passe par une plateforme agréée ?
Consultez la liste des plateformes agréées publiée par l’administration sur impots.gouv.fr et cherchez-y celle qu’utilise votre logiciel. En cas de doute, la ligne 0806 807 807 renseigne sur la réforme.
Sources
FacturoPresto, page de présentation de l’application (fonctions, tarifs, conservation), lue le 10/10/2026.
impots.gouv.fr, « Je passe à la facturation électronique » (entrée en vigueur au 1er septembre 2026, ligne 0806 807 807), consulté le 10/10/2026.
Cegid, « Comprendre le calendrier de la facture électronique 2026 et 2027 » (échéances d’émission par taille d’entreprise), consulté le 10/10/2026.
Justice.fr, fiche « Délais de conservation des documents des entreprises », mise à jour le 1er juillet 2024, consultée le 10/10/2026.


